LE PARCOURS D’UN LEADER !

Président Félix TSHISEKEDI
Président de la République Félix TSHISEKEDI

Le Président Félix Tshisekedi ne s’est pas fait connaitre de façon particulière, si ce n’est plus tard, de ceux qui ont vécu de près son adolescence. On a pu finalement percer le mystère Fatshi avec l’avènement de son militantisme politique, quelques années après son départ clandestin de son pays natal. Comment pouvait-il en être autrement si à  ces différentes époques, Tshisekedi Wa Mulumba, son célèbre père, accaparait déjà le devant de la scène politique congolaise, au point d’occulter sa vie familiale? Au gré de ses revendications politiques, l’enfance et l’adolescence de Fatshi basculent petit à petit les années 80 dans les privations, la clandestinité et les relégations, pendant près d’une décennie. Pour la jeune famille Tshisekedi, le sort en est jeté et même scellé! Dans cette fratrie des six garçons, nés de maman Marthe Kasalu, Félix Tshisekedi vient en troisième position. À cet âge, n’importe quel gamin ado  rêve d’une vie normale : aller à l’école; jouer simplement au foot, flâner avec des copains, bref, profiter de la vie! Un beau jour, Félix n’a pas eu de choix. Avec le reste de la famille, il est devenu la victime collatérale d’une lutte sans merci que se livraient deux colosses politiques, Etienne Tshisekedi versus Joseph Désiré Mobutu, alias Sese Seko, incarnation de l’une des pires dictatures que l’Afrique ait connue au 20ème siècle. Personne ne se rend compte à cet instant que c’est le début d’un long chemin de la croix pour les Tshisekedi. Si c’était un film, on l’aurait sûrement intitulé  »le début du parcours d’un combattant! ».

Un exemple de l’acharnement qui s’abbattra sur la famille c’est, notamment, la fameuse ordonnance présidentielle de 1975. Entre autres dispositions, celle-ci interdit les enfants congolais de poursuivre les études dans des écoles privées. Cette ordonnance force alors Félix Tshisekedi d’intégrer le Collège Boboto (anciennement Collège Albert 1er) l’année scolaire 1975-1976 où il achèvera les études primaires pour ensuite entamer  le cycle d’orientation (école secondaire).

D’une vie familiale paisible,   Félix Tshilombo  se retrouve, bien malgré lui, de 1983 à 1984, confiné avec le reste de la famille dans une prison à ciel ouvert, la contrée Est-kasaïenne de Mupompa, également village d’origine du père, sans eau courante ni électricité, à des milliers des kms de la capitale. Le décret présidentiel de relégation est vécu comme un véritable cauchemar: interdiction de fréquenter un établissement scolaire; de sortir du village et éventuellement de se faire soigner dans un centre hospitalier. Telles étaient les mesure de restriction qui frappaient durement aussi bien les enfants que leurs parents, jusqu’en juillet 1984. Entre relégations et privations, le départ clandestin de Fatshi vers la Belgique se fait non sans difficulté via le Congo Brazzaville au cours de la même année, à en croire le témoignage de celui qui l’héberge quelques jours sur l’autre rive du fleuve.

Contrairement à ce qui est généralement répandu sur la fratrie, les enfants Tshisekedi ne vivent pas un exil doré en Belgique, l’ancienne métropole congolaise. Des témoignages concordants affirment que ce n’était guère une partie de plaisir! Ils n’ont pas été épargnés par les vicissitudes de l’exil, de la séparation et le souvenir d’une dictature implacable qui les avait en ligne de mire. Pour Felix, il s’agit d’une enfance volée. Aujourd’hui, avec un parcours d’autodidacte accompli, Félix Tshisekedi semble être un exemple de résilience. Ce qui, pour la majorité de ses compatriotes aujourd’hui, force l’admiration. Quand on le voit prendre le temps de serrer la main des anciens bourreaux, encore de ce monde, de son héros de père et qu’il reprend le flambeau de ce dernier aux côtés de ceux qui, hier encore, étaient au cœur du système Kabila, le combattant prend de la hauteur, se revêt d’une étoffe de leader et d’homme d’État. L’appel à l’unité de l’opposition effectué par lui le 5 septembre 2017 pour défaire le régime en place en constitue la parfaite illustration.

À quelque chose malheur est bon, dirait-on avec du recul, chaque médaille ayant son envers, ce passage à vide, mais au plus près d’une réalité implacable, lui aurait-il procuré des outils qui, à travers les âges, ont fini par forger sa personnalité et son caractère, ont semé en lui l’esprit du combattant aguerri, qui du coup, s’est transformé en politicien avisé? Dans tous les cas, avoir été en contact, dans sa sinueuse évolution, dans différentes situations les unes aussi complexes que les autres, des couches sociales de sa génération ne serait pas chose anodine dans ce cheminement! Les yeux ainsi ouverts sur le vécu de ses compatriotes, par de là issus des différentes cultures congolaises, ont fini, sans doute, par lui donner une ferme assurance, l’intime conviction  qu’il dispose aujourd’hui des atouts nécessaires pour répondre à leurs aspirations profondes.

Dans l’ombre du Sphinx de Limete

Lentement mais sûrement, il fait ses classes et prend ses marques, sans tapage dans l’ombre de celui qu’on a surnommé le Sphinx de Limete, lui qui, bien à propos, n’entendait jamais voir sa progéniture lui emboiter le pas en politique. En Belgique, loin de son Congo natal, il commence au bas de l’échelle. Premiers débuts à Leuven, sa cellule de base jusqu’à gravir les plus hautes marches du parti. En passant par les relations extérieures et le secrétariat général adjoint, aujourd’hui, le poste de Président du parti n’en est que le couronnement, à l’issue d’une brillante élection au Congrès du parti. Lorsqu’en Novembre 2011 il est élu député national à Mbujimayi, il est probablement loin de s’imaginer la suite des événements. Parallèlement à sa haute charge à l’UDPS, sa qualité de Président du Rassemblement de l’opposition est venue d’un cran bousculer l’ordre établi dans l’arène politique congolaise. Cette ascension fulgurante n’arrête pour autant pas les détracteurs, ceux qui se convainquent que le fils a bénéficié d’un parachute auprès d’un père se sentant au soir de son combat.

Depuis la mort d’Etienne Tshisekedi, ceux qui ont osé cette affirmation ne se risquent plus dans le périmètre de la permanence du parti! Tshisekedi père aujourd’hui parti, son lourd héritage politique a trouvé preneur. Mais ne pouvait le réclamer celui qui voulait! Il a bien fallu en avoir la carrure et les reins solides. Le Congrès du parti tenu, l’élection ayant eu lieu de façon démocratique, le successeur jouit aujourd’hui d’une légitimité qui le pousse même à jouer la carte de la réconciliation avec les brébis égarées. Mais surtout, cette élection consacre Félix Tshisekedi comme candidat naturel de l’UDPS à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018.

La longue marche politique du désormais candidat-Président arriverait-elle finalement à être sanctionnée positivement par l’ensemble de ses compatriotes? Le concerné reste serein tout en balisant tranquillement son chemin. Il faudra, dit-il, rassurer, séduire et convaincre, pour viser le sommet. Quoi de plus normal que de s’en remettre à la sagesse des Congolaises et Congolais, dans un processus transparent, crédible et démocratique, déclarait-il de nouveau le 7 août 2018, à sa sortie de la centrale électorale où il a déposé officiellement sa candidature. Programme contre programme, projet contre projet, devant le peuple, appelé à se choisir le meilleur d’entre les candidats. Félix Tshisekedi promet de réconcilier les Congolais entre eux et avec leur pays. Une de ses priorités avant d’enchainer qu’il veut réinstaurer la paix, redonner la dignité aux congolais et rassurer les investisseurs qui viendraient l’aider à rebâtir le pays.

Ne pas déroger au caractère national et inclusif du parti

Félix Tshisekedi ne choisit pas ses amis, ce sont ces derniers qui le choisissent notamment à cause de sa charmante bonhomie. Pour peu qu’on l’approche, le personnage que l’on découvre est multidimensionnel, rappelant étrangement certains côtés du « lider maximo » surnom donné à son feu père, à l’image de l’imposante carrure et le charisme que celui-ci dégageait. Très à l’écoute, ouvert d’esprit, parfois d’un humour déroutant, il est surtout capable des analyses les plus pointues des enjeux politiques de son pays et sur des questions de politique internationale. Difficile de le taxer autrement, quoique des commérages plutôt réducteurs de ses adversaires se répandent au sujet de sa supposée scolarité limitée, en dépit de ses diplômes obtenus à l’ICHEC et l’Institut des Carrières Commerciales de Bruxelles en Belgique, respectivement en gestion financière, en comptabilité et en Marketing, dans ce dernier cas, programme bel et bien dispensé par l’ICC tel qu’on l’atteste dans ce rapport. En effet, il lui est reproché son inexpérience dans la gestion de la chose publique. Ce à quoi il réplique non sans panache qu’il a une solide expérience dans la lutte pour l’instauration d’un État de droit…depuis qu’il est tout jeune.

Au regard de la stigmatisation dont sa famille biologique ainsi que le parti cofondé par son père font l’objet, depuis plus des trois décennies, ce n’est pas une véritable surprise! En effet, Félix Tshisekedi fait l’objet des critiques parfois acerbes, même de la part des siens propres, dans la mesure où, en pratique, il croit fermement et profondément en ses semblables, même quand ces derniers ne partagent pas forcément ses idées. C’est son côté humaniste qui rappelle drôlement la grandeur d’âme du père. Malgré les apparences, Félix Tshisekedi ne cesse de le dire. Il garde le cap sur l’alternance politique démocratique comme seul objectif lui assigné par sa base. Il veut y associer la jeunesse, inclure également la gent féminine dans cette bataille. Pour cela, il dispose d’un atout que ses adversaires n’ont pas.

Le parti dont il  a repris les rênes est le seul en République démocratique du Congo qui peut se targuer d’avoir une assise populaire nationale. Depuis des lustres, cette formation politique dénommée la fille aînée de l’opposition congolaise, tout en aspirant à diriger le pays, tient au respect d’une tradition : maintenir l’équilibre géopolitique, seul gage de son inclusivité et de sa stabilité.  

Là-dessus, Tshisekedi fils n’entend pas déroger, car c’est à ce prix, toutes proportions gardées, que pourrait se jouer, aidé de ses alliés, la prochaine élection présidentielle, si les conditions de transparence sont réunies. Avec sa nouvelle aura, Félix Tshisekedi, chef de l’UDPS et du Rassemblement de l’opposition, candidat à la magistrature suprême est, depuis, contraint à un discours unificateur et rassembleur. Une de ses priorités majeures : réconcilier les Congolais entre eux et avec leur pays.

(source fatshi.org)

 

 

 

 

 

 

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